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2. Qu'est-ce que tu faisais ?
 

D’abord, il y a des fonctions prestigieuses qui, évidemment, ne sont que des sobriquets ou, mieux, des noms individuels qu’on donnait en baptême aux enfants du Moyen Âge, lo rei, le roi (Rey), lo baron (Barou), la comtessa (Coumtesse), rien n’est trop beau pour des enfants. Ces noms étaient donnés à l’origine à des personnes, ils sont devenus des noms de maisons par la suite. En fait de titres et de fonctions nobiliaires, nous en avions de vrais, mais à notre échelle, il s’agit de la petite noblesse rurale, los cabèrs (Cabé), ce mot vient de cap (tête) et non de cavalus, cheval comme on l’a dit quelquefois. Il existe d’autres noms évoquant une petite noblesse rurale, mais, à Bonnut, ce ne sont pas des noms de maisons, mais de familles, il s’agit des Bonzom, et Bouzom, en latin Bonus Homo, qui désignait au 12e siècle une personne noble (selon Berganton).

Une fonction de justice vicomtale du Moyen Âge, qui correspondrait à un huissier, était dévolue au baile, il y avait des bailes de vic mais aussi des bailes de paroisse, moins importants. Il y a deux maisons de ce nom à Bonnut (Bayle), une au bourg, une vers les confins d’Amou. En français, on dirait « le bailli ».

Le métier qui semble le plus répandu à Bonnut au Moyen Âge est l’art de la pelletterie, totalement disparu, et depuis longtemps sans doute. Cependant, on en trouve de nombreuses traces dans la toponymie. En effet, on trouve les maisons de Pelliguèr, Pétiè, Pèle et Pelletach, qui sont visiblement des maisons où on pelait et on préparait les peaux (le verbe pelar et le nom la pèth). Le dernier, cependant, nous paraît étrange, on voit mal un pelletier spécialisé dans le blaireau (pèla-taish), peut-être s’agissait-il un sobriquet ?

Des métiers divers

Il y avait au moins un tailleur d’habits, en gascon lo sarto, à la maison Sarthou. Un instituteur, mais il n’a rien à voir avec l’Éducation nationale, c’est un regent comme il y en avait dans les villages vers le quinzième siècle (Réyen). Un pépiniériste est signalé (déjà) en 1388, c’est lo plantèr, mais je n’ai pas trouvé l’emplacement (Galhart deu Planter). Les forgerons, qui étaient au nombre de trois ou quatre il y a quarante ans ne sont pas très apparents dans les noms de lieux. Toutefois on sait où il y a eu une forge, c’est à la hargoa (Lahargou). Une circonstance fortuite a fait que cette maison, justement, ait abrité la famille Haurat et que ce nom de famille signifie « le petit forgeron » qu’il faudrait comprendre comme « le fils du forgeron ». Des bergers, il en a eu, on s’en doute, ce sont des aulhèrs, et on trouve une maison Laoulhère, mais ce n’était pas la femme de l’aulhèr, mais plutôt la bergerie. Il y a eu une époque où il y avait au moins un commerçant notable, et même une commerçante, on disait los marchands, Martian et Lamartiante, on ne sait pas ce qu’ils vendaient.

La religion

De religieux, nous pensons qu’il y en avait, d’autant plus qu’une grande partie du Bonnut actuel dépendait de l’abbaye de Sorde, on le sait. D’abord, on trouve deux presbitèris (Presbitèri), de Sainte- Marie, le plus ancien ; celui de Saint- Martin avait cette fonction il y a encore trente ans. À Saint-Martin, il y avait un abat, c’est-à-dire un abbé (Labat) ; un frère encore écrit et dit à la façon étymologique ancienne, lo frair (Fray), aujourd’hui on dirait lo hrair en prononçant [ray], il y a de fortes chances pour que ce frère-là soit un religieux.

Il y a d’autres métiers maintenant disparus

Le terrassier qui creusait los varats, fossés séparant les parcelles, ce travailleur de la pelle et de la pioche était lo varadèr (Baradé). Un barraquèr construisait des baraques, on ne sait pas de quelles sortes de baraques, mais on sait que ce mot, un peu argotique en français est un mot gascon tout à fait convenable (Barraqué). Probablement que ces baraques étaient en bois et en argile. Cette argile venait d’argilières (los argelèrs) dont témoigne la côte de l’Aryélé.

On fabriquait aussi du verre à Bonnut, il y a bien longtemps, on n’en trouve trace que dans le nom d’un lieu où il n’y a même plus trace de l’atelier : la Beyrie, ce mot, en gascon la veiria, désigne bien cet atelier dans le Gèrt, au nord de Bonnut.

Un éleveur de poissons qui entretenait un pesquèr, c’est-à-dire un étang pour pêcher (Pesqué).

Un autre métier disparu est celui de garde. Il n’y a pas de maison mais des noms de famille répandus, Lagouarde, Lagarde et le poste de garde, Gouardères et Lagardère. Par contre, il me semble bien qu’il y ait un lieu-dit nommé Lescoute (l’escota, un poste de garde), ce qui est aussi l’emplacement d’une garde, c’est vers Saint-Boès, près de Coustet.

Un autre métier rare n’a pas de nom de maison, mais est représenté dans les noms de famille connus, c’est celui de chantre. L’habitude voulait qu’au Moyen Âge, on leur donne le nom d’un psaume ou d’un cantique que, sans doute, ils avaient l’habitude de bien chanter. C’est pour cela qu’on trouve aujourd’hui des noms comme Déom, Ozanne (Deum…, Hosanna…). À Bonnut, ce sont les Populus qui représentent, à leur insu, cette corporation, et le psaume en question est probablement le soixante-dix-huitième (Ausculta populus meus…, Écoute, mon peuple…).

Pour conclure, on va écarter de notre sujet d’aujourd’hui une maison qui n’est pas un nom de métier, c’est la maison Massou, que nous verrons plus tard quand on traitera des noms de personnes. Masson est le diminutif de Thomas par l’intermédiaire de Thomasson. Le maçon, en gascon, se disait lo maçoèr.

Christian LAMAISON