Maison

 



Situation



Histoire



Mairie



École



Associations



Quartiers



Infos


Littérature
bonnutienne


Nos
artisans


Vieil
album


Photos
de classes

Noms
de lieux
bonnutiens






Contact

 
 
1. — Des noms verts.
 

On apprend bien des choses dans les noms de lieux de Bonnut. On voit que, pour les plus anciens, ils ont toujours un nom gascon et, quand on parvient à en saisir la signification, on voit qu’une façon de les appeler était, pour une bonne partie, d’utiliser le nom de la végétation. Vous trouverez ici, en gras, le nom de trente lieux attestés. Certains n’ont que des des ruines ou même, les maisons sont disparues. Je n’ai pu m’empêcher de joindre aussi quelques noms de famille connus à Bonnut.

Une forêt (surtout de chênes) c’était un forc ou un horc, (Dufourcq) quand elle est petite, un horquet, (Hourquet), quand elle est la plus grande, c’est lo horc major, ce qui a fini par faire Hourmagnou. On peut trouver toutes sortes de forêts, comme celle qui est dans la vallée, horc de vath (Hourdebaigt). Une forêt grande était une horcada (Fourcade, Hourcade), mais, dans des cas très limités, cela peut aussi vouloir dire une fourche de chemins.

Un autre nom gascon pour la forêt est lo luc, en plus petit, un luquet (Luquet), quand il est grand c’est un luc bèth (Lubeigt), mais attention, quant on trouve Lubet (sans mouiller le t) c’est un diminutif de Lop (Loup), qui était un nom de personne très répandu au Moyen Âge.

Bien sûr, on peut aussi trouver lo bòsc, et au début — ou à la fin — on a lo cap (Capdeboscq), et, si un certain Pierre (Pèr) y habite, on a Pèdeboscq.

Quand on a un bois plus buissonnant, on parle plutôt de la barta (Labarthe) ; et quant il est petit c’est un bartòt (Bartot) ou un bartolh (Barthouil).

Le chêne seul c’est un casse, un casso, ua cassora (Ducasse) mais quand on en plante quelques-uns on a un cassanet ou un cassoret (Cassanet, Cassouret). Quand ce chêne est taillé en têtard, on dit que c’est un cogoish ou bien un drolh, quand on en a plusieurs on a un drolhet (Drouilhet).

Après le chêne, l’arbre le plus important de Bonnut était le châtaignier, lo castanh, en forêt on a un castanhet ou ua castanhèda, n’oublions pas qu’au Moyen Âge, la partie sud de Bonnut s’appelait Sancta Maria de Castanhèda, ce genre de forêt n’a plus cours mais il nous reste tout de même une maison Castagnet.

Le bouleau est une plante maintenant assez rare chez nous, on en trouve quelques uns dans le Gert, son nom béarnais est pèth blanc mais aussi bedoth ou bedora, un bois de bouleau est un bedorar (Bédouraà, pardon, je crois bien que c’est à Sallespisse !)

Le hêtre n’est pas absent, mais on n’en voit pas de forêts comme il y en a eu dans la région, c’était des hagets Hagetmau, Hagetaubin). L’arbre se nomme hag à Bonnut ou hau, on ne trouve à Bonnut que le nom de famille Dufau, dans lequel on a gardé le f du latin fagus), alors qu’on connaît aussi des Duhau dans notre région.

On trouve beaucoup de frênes, c’est bien pratique pour faire des manches d’outil, ce sont los hreishos (Réchou), il est tellement abondant qu’il y à trois maisons de ce nom dans la commune !

Si on a une plantation de buis, on a un boishon (Bouchou).

Des arbres fruitiers plantés, on en a deux, le pommier et le poirier qui ont donné les maisons de Poumé et de Péré. Je pense que Pérère, pas très loin de Péré, est aussi un verger de poiriers. Il faut dire qu’au Moyen Âge le pommier et le poirier étaient très plantés, le pommier surtout, pour faire la pomada, le cidre, qui était plus employé que le vin ! N’oublions pas que Pomarez, signifie aussi pommeraie.

On buvait de la poumade, mais le vin était aussi apprécié. La vit, poussait dans des vitatges ou vinhas. Il y avait de petites vinhòtas (Lavignotte) et de grandes vinhassas (Bignasse).

Un autre arbre était peut être planté, c’est le sorbier, on pense à cette espèce de sorbier qui donne des petites grappes de poires. Une espèce voisine est le cormier, mais je n’en ai jamais vu à Bonnut. En gascon, on dit sorbèr (Sourbé). En tout cas on devait en apprécier les fruits, les sorbes qui, en gascon sont los sorps (Sourps).

Un autre arbre abondant, est l’aulne qu’on ne connaît que sous le nom français de vergne. En gascon c’est lo vèrn (on prononce bèr), et je ne connais pas de noms actuels se rapportant à cet arbre, par contre, au cours de notre histoire, nous avons eu une maison Bern au quartier de l’Arrue de Manes, et une autre, Bernade, mais je n’ai pas pu les localiser.

Un arbre, qu’on pouvait repérer de loin, pouvait donner son nom à une maison, c’est le tilleul, ça fait de la tisane et une ombre agréable. Bien sûr, en gascon on le nomme lo tilh, et il y a une maison Tilh, elle appartient à la commune, près de l’église Saint-Martin.

Ce qui est curieux, c’est qu’un autre arbre commun, surtout au nord de la commune, est absent des noms bonnutiens, c’est le pin et la pinède qui devraient donner des noms comme Py ou Pia. Par contre, indirectement, le pin figure dans les noms de lieux : un versant de forêt se nomme los doblèrs (Doublès), or, selon Palay, il s’agirait d’un lieu où poussent de grands pins, ceux qui peuvent avoir deux entailles pour le gemmage.

Sous les pins poussent les ajoncs. Il y en a de deux sortes. L’ajonc nain, c’est la toja, en français « la touye » ou « la tuie » en voulant parler plus poliment (en pensant au modèle « trouye » donnant « truie »), un terrain où pousse la toja se nomme lo tojar, il n’y a pas de maison de ce nom à Bonnut même, mais pas loin, vers Orthez (Touyaà). L’ajonc européen, c’est la gavarra, et il y a un Gabarraà au nord de Bonnut. Y pousse aussi la bruyère, la brana (Labranne) et les fougères, c’est-à-dire las hèuç qui, quand il y en a de grands palhats, font les heuguèras (Lahouguère).

Il y a des lieux marécageux ou poussent des plantes aquatiques, un tel lieu est un augar (Lauga), ce mot gascon doit être rapproché du mot français « algue ». Quand un lieu est envahi par les joncs c’est un juncar (Juncaà).

Christian LAMAISON