La Société de Tir de Bonnut

(Article paru dans Les Saisons de Bonnut n° 11)


Les jeunes de Bonnut, lors d’un retour d’une compétition de tir à Biron en 1925.
Photographiés chez Darnaudat à Orthez.
De gauche à droite, debout : Léopold Pinsalle, Pierre Depeyris, Eugène Fourcade, Vincent Dupèbe, Pierre Darricarrère, Émile Bonzom, Rémy Dussarat.
Assis : François Dufourcq, M. Mirande (l’instituteur), Georges Ducournau.
Accroupis : Paul Lasserre, Joseph Fouques, Gaston Brasquet.

Au vu de cette photo que nous avons trouvée dans l’intéressant ouvrage de Jacques Moulia, nous croyions qu’il s’était créé une société de tir après la guerre, dans les années 20. Eh bien, il n’en était rien, la société de tir existait bien avant puisque nous en trouvons trace dans les colonnes du Franc-Parler au début du siècle. Celui-ci déclarait pour Bonnut, le mardi 27 décembre 1904 :

« Une société de tir est en voie d’organisation. Nous applaudissons de tout cœur à cette heureuse initiative, qui procurera à la jeunesse de Bonnut un passe-temps agréable et instructif. »

Il est vrai que nous étions en plein dans la grande hystérie nationale revancharde contre l’Allemagne.

Puis, à chaque fête, des concours de tir populaires étaient organisés, à 50 centimes le carton (environ 10 francs actuels), mais les membres de la société de tir en étaient écartés, sans doute pour ne pas écœurer les participants par leur grande adresse.

En dehors des fêtes, le tir se pratiquait dans la Société Mixte de Tir. Pourquoi « mixte », nous ne pensons pas que les femmes y étaient admises, nous pencherions plutôt pour le fait que les militaires puissent en être, le service militaire était très long à l’époque, et les pioupious en permission avaient sans doute le droit de montrer leur savoir fraîchement acquis.

Des concours de la société mixte de tir étaient organisés, ils étaient présidés par le colonel Dufau, et on se servait de carabines Buffalo, Lebel et La Française. Le 25 avril 1905, c’est Émile Ladarré qui remporte le premier prix avec 45 points sur un maximum de 50. C’est très bien. Jean-Baptiste Paries, d’Amou, n’en avait marqué que 29… Visiblement, il aurait pu mieux faire.

Puis la guerre est arrivée, les talents bonnutiens ont pu s’exprimer. Malheureusement, c’est de plus de 45 morts qu’on a payé la victoire, c’est très lourd pour un petit village.

Eh bien, à Bonnut on ne se décourage pas, la société de tir reprend de plus belle dès 1924. Et cette fois-ci, ce sera la bonne, ce ne sont plus des carabines dont il s’agit mais de véritable fusils de guerre. Sur la photo les deux lebels sont du calibre militaire de 8 mm. Aujourd’hui, en cherchant les champignons au pied nord du tarruc de Montargou, en direction de la côte de Labat, vous pouvez encore voir la tranchée qui servait pour installer les cibles alors que le pas de tir était près du ruisseau.