Le lin
d’Antan
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de l’histoire dans les livres

 

Lépreux et cagots du Sud-Ouest

Histoire de la lèpre en France. Notes historiques, médicales, philologiques suivies de documents par le docteur H.-M. Fay, avec une préface du professeur Gilbert Ballet. Paris. Librairie ancienne Honoré Champion, éditeur, 5, quai Malaquais. 1910.

[page 194 : « Le mariage des cagots »]

« (...)
« De même que le mariage entre cagots et personnes saines était interdit, l'adultère dans les mêmes conditions était sévèrement condamné par les lois anciennes. Ceci est surtout vrai pour le Béarn. Dans aucun document antérieur au XVIe siècle il n'est parlé d'adultère commis par des cagots. Au XVIIe siècle et au XVIIIe on connaît plusieurs actes de baptême de bâtards. Les plus curieux sont ceux de Bonnut, qu'a signalés M. J. Gardère (Les cagots dans la région d’Orthez au XVIIe siècle). Aucune de ces unions irrégulières ne semble avoir donné lieu à des poursuites. Ce qui les caractérise, c'est la recherche et la déclaration de la paternité. En voici quelques exemples :
« Le 26 février 1615 : baptême de Charles de Leytou, ”fils bastard d'Henry de Leytou et de Marie de Fourcade, gesitains”.
« Le 1er mars 1617 : baptême de Charles de Molia “fils bastard de mons. de Molia, seigneur de Sarporenx et de Jeanne du Bourg” gésitaine.
« Le 30 décembre 1635 : baptême de Catherine d'Araignés ”fille bastarde d'Estienne d'Araignés, jésuitain comme a esté déclaré en justice par Catherine de Sosleix dite Cabin, mère du dit enfant et qui n'est point jésuitaine…” (Registres de Bonnut.)
« (...) »

[pages 236 et 237 : « Les professions interdites aux cagots »]

« (...)
« Médecins. Sages-femmes. — Nous avons déjà traité des cagots médecins. Si cette profession fut parfois adoptée par quelques-uns de nos parias, cela n'a été qu'à titre d'exception ; il est en effet certain que les professions libérales leur étaient fermées d'ordinaire, car elles les auraient mis à même de fréquenter assidûment le commun peuple, ce qui était interdit par les Fors.
« À partir de la fin du XVIIe siècle, quelques cagotes des Landes et de la région d'Orthez firent des études en vue de devenir sages-femmes. AU XVIIIe siècle, on en comptait un grand nombre parmi les familles cagotes. M. l'abbé Foix en a donné quelques exemples que nous transcrivons ici : Catherine Larrieu, sage-femme de Laurède, en 1753 ; Catherine Salis, sage-femme du même lieu, en 1755 ; Catherine Daraignès, même profession, à Mugron, en 1751 ; il en est de même de Catherine Labenne, de Mugron, en 1699, d'Anne Fabas, de Nerbis, en 1702, de Catherine Gardère, de Lourquen, en toutes étaient gézitaines et sont mentionnées dans les registres de Mugron, Nerbis et Laurède. Jeanne Daraignes sage-femme de Bonnut est encore citée dans un acte de baptême fait à Bonnut le 31 octobre 1644 (Cité par J. Gardère, Les cagots dans la région d’Orthez au XVIIe siècle).
« (...) »

[pages 594 et 595 : « Topographie » « Basses-Pyrénées »]

« Bonnut (canton et arrt d'Orthez).

« Avant 1875, date de la restauration de l'édifice, il y avait porte et bénitier des cagots, à l'église Saint-Martin.

« Les registres paroissiaux (CC 1 à 9) contiennent un grand nombre d'actes concernant les familles d'Araignés (Larragné, Larrégnesse), Arrioudougert, ou Dugert, qui sont cagotes et figurent habituellement avec la mention gésitains. M. Gardère, dans un travail duquel nous puisons ces renseignements, a vu que ces familles étaient alliées avec les cagots de Baigts, Orthez, Sarpourenx, Saint-Boès (B.-P.), Saint-Paul-lès-Dax, Clermont et Bonnegarde (Landes).

« 26 février 1615. — Baptême de Charles de Leytou, ”fils bastard d'Henry de Leytou et de Marie de Fourcade, gésitains. Parrain, Charles d'Araignats ; marraine, Brune de Pomarting, mary et femme dits du Chrestian”.

« 1er mars 1617. — Baptême de Charles de Molia ”fils bastard de mons. de Molia, seigneur de Sarporenx et de Jeanne du Bourg, P. et M. Charles d'Araignats et Brune de Pomarting, gésitains”.

« 16 octobre 1633. — Estienne d'Araignés et Brune de Labaig, jésuitains, sont parrain et marraine de Brune de Minville, fille de Pierre de Minville et Marie de Laborde, non gésitains.

« 3 juin 1634. — Jean de Guirault et Marie de Fons du camp de Bueix, gésitains, ont deux jumeaux dont les parrains sont Jean de Sousleys et Estienne d'Araignés et de Catherine de Sousley, tous jésuitains.

« 19 septembre 1635. — Charles d'Araignés et Brune de Pomarting, gésitains, sont parrain et marraine de Brune de Bernard dont les parents ne sont pas gésitains.

« 30 décembre 1635. — Baptême de Catherine d'Araignés, « fille bastard d'Estienne d'Araignés, jésuitain comme a esté déclairé en justice par Catherine de Sosleix dite Cabin, mère dudit enfant et qui n'est point jésuitaine, ses père et mère ont de nouveau confirmé devant la porte de l'église par plusieurs, parrain et marraine sont Arramond de Pedeboscq et Catherine d'Araignés sœur du susd. père et led. baptesme a été faict par moy Demolia curé susd. » (Archives communales de Bonnut1.)

« (1) D’après Gardère, Les Cagots dans la région d’Orthez au XVIIe siècle. »

[page 653 :]

« (...)
« Saint-Boès (canton et arrt d'Orthez).
« 3 juin 1634. — Jean de Guirault et Marie de camp de Bueix (auj. Houns-de-Cam, en Saint-Boès), gésitains, ont deux enfants jumeaux, dont l'un filleul de Jean de Sousleys, l'autre d'Estienne d'Araignés et Catherine de Sousley, tous jésuitains. (Archives de Bonnut.)
« (...) »